La cicatrice de la douleur

 Douleur muette - Peinture : Artiste algérienne
Douleur muette – Peinture : Artiste algérienne

Après un an d’amour idyllique, Pierre, l’homme que Sarah était certaine d’épouser, l’avait abandonnée brutalement.

Après, Sarah ne fut plus la même. Elle qui avait toujours été solide comme un roc commença à avoir des attaques d’anxiété au moindre rappel de ce qui lui était arrivé.
Comme le montre l’histoire de Sarah, les événements très douloureux laissent une marque profonde dans notre cerveau.)

Une étude (Université Harvard) permet d’enregistrer les réactions du cerveau au rappel de ce traumatisme par un scanner à émission de positrons (PET scan). L’« état de stress post-traumatique » (ESPT) y est visualisé par scanner : la région de l’amygdale, le noyau reptilien de la peur au coeur du cerveau émotionnel, est clairement activée.

Étrangement, le cortex visuel aussi montre une activation marquée, comme si les patients regardaient une photo de la scène. Et, plus fascinant encore, les images montrent une « désactivation » une sorte d’anesthésie de l’aire de Broca, la région du cerveau responsable de l’expression du langage. C’est comme une « signature » neurologique de ce que les gens souffrant d’ESPT répètent si souvent : « Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que j’ai vécu. »

Les cicatrices laissées dans le cerveau par les accidents les plus difficiles de la vie ne s’effacent pas facilement. Il arrive que les patients continuent d’avoir des symptômes des dizaines d’années après le traumatisme initial. Cela est courant chez les anciens combattants. Mais c’est aussi vrai des traumatismes de la vie civile.

Le plus intriguant est que la plupart de ces patients savent qu’ils ne sont plus en danger. Ils le savent mais ils ne se ressentent pas.

Même sans avoir subi ces traumatismes,auxquels s’applique le diagnostic d’ESPT, nous connaissons tous le phénomène pour avoir vécu de multiples traumatismes « avec un petit » humiliation par un instituteur, largage par un(e) petit(e) ami(e) ?

Ces situations, on y pense et on y repense ; on écoute les conseils de ses amis et de ses parents ; on lit des articles dans les journaux … Tout cela aide, souvent très bien, à penser à la situation, et l’on sait ce que l’on devrait ressentir à présent qu’elle est derrière nous. Pourtant on reste comme coincé : nos émotions sont à la traîne ; elles s’accrochent au passé bien après que notre vision rationnelle de la situation a évolué.

Source : l’excellent livre  « Guérir » de David Servan-Schreiber

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6 commentaires sur “La cicatrice de la douleur

  1. Effectivement, quant on a vécu l’abandon d’une mère, la maltraitance d’une famille qu’était pas la votre et l’abus sexuel dans l’enfance, on peux vivre sa comme un abandon, mais il faut absolument travailler sa matière grise et là tout s’éclaire, il y a des fois ou la personne qui vous a « larguer » ( alors que ce n’est certainement pas le cas pour moi et heureusement) ne se sent pas en confiance et je trouve sa normal, le temps peut guérir pas mal de blessures, les atténuer, mais malheureusement jamais les effacer.

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  2. Merci Brigitha, oui, parfois il faut beaucoup de temps.
    Comme dit L. Q. nous réapprenons à vivre et ces expériences douloureuses qui ne sont que des leçons de vie nous permettent de grandir.
    Mais je crois que si nous souffrons autant, ce que tous ces traumatismes réveillent souvent les blessures originelles, celles qui nous ont marquées dans l’enfance et persistent, surtout si nous ne les mettons pas au grand jour et ne nous employons pas à les cicatriser.

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  3. Certains largages par un(e) petit(e) ami(e), nous laissent comme un sentiment « d’abandon », quant on s’y habitue (enfin) après une longue période (certes traumatisante!!! il faut l’avouer), tout change tout un coup et on réapprends a vivre, même si au fond de nous l’amour persiste encore, on accepte et on grandie pour pouvoir vivre sa vie autant qu’on le peux, la présence de nos enfants il y contribue… heureusement. L. Q.

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