Quand intelligence rime avec souffrance

Qui pourrait penser qu’être intelligent puisse faire souffrir et rendre malheureux ? Pourtant, c’est ce dont ils se plaignent. D’abord, ils ne se reconnaissent pas comme intelligents. Ensuite, ils disent que leur mental ne leur laisse aucun répit, même la nuit. Ils en ont marre de ces doutes, de ces questions, de cette conscience aiguë des choses, de leurs sens trop développés auxquels n’échappe aucun détail. Ils voudraient débrancher leur esprit. Mais ils souffrent surtout de se sentir différents, incompris et blessés par le monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi ils concluent souvent : « Je ne suis pas de cette planète ! » Un fourmillement constant de pensées les balade dans des associations d’idées sans fin, chaque nouvelle idée en faisant jaillir de nouvelles. ça va trop vite dans leur tête. Ils en bégayent pour suivre le flot ou ils se taisent, découragés devant la surabondance d’informations. Les mots sont réducteurs et ne peuvent pas restituer la finesse, la complexité de leur pensée. Ce qui leur manque le plus, ce sont des certitudes sur lesquelles s’appuyer. Un questionnement incessant rend leur système de croyance aussi instable et angoissant que des sables mouvants. Et c’est à leur propos qu’ils sont le plus critiques : « Pourquoi les autres ne perçoivent-ils pas ce qui est évident pour moi ? Si c’était moi qui analysais tout de travers ? Et si j’avais tout faux ? »

La sensibilité, l’émotivité et l’affectivité sont évidemment proportionnelles à l’intelligence. Ces personnes sont de véritables bouteilles de nitroglycérine. Au moindre heurt, ils explosent de colère ou de frustration, mais surtout de chagrin. Ce monde manque tellement d’amour ! Écartelés entre un idéalisme absolu et une lucidité extrême, ces surefficients intellectuels ont le choix entre l’autisme et la révolte. C’est pourquoi ils font constamment la navette entre des rêveries voluptueuses et des constats affligeants, entre la naïveté et le désespoir. Ils désespèrent de trouver de l’aide car ils sentent bien que les bonnes volontés sont à côté du problème. Les conseils de leur entourage les enfoncent plus qu’ils ne les aident. Se poser moins de questions ? Ils ne demanderaient que ça ! Mais comment faire ? Accepter l’imperfection du monde ? Impossible !

Consulter un psy est également problématique. Ils ont peur qu’on les prenne pour des fous et cette peur est malheureusement fondée. Comment les gens ayant un fonctionnement mental ordinaire pourraient-ils cerner ce foisonnement mental hors normes ?…

 

Extrait de l’introduction de l’excellent livre  

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8 thoughts on “Quand intelligence rime avec souffrance

  1. Plus nous avons de neurones plus nous sommes réceptif et donc intelligent malheureusement le taux de neurones trop grand engendre des problèmes comme les autistes subissent

    Ha autre point le commentaire plus haut n’a strictement aucun sens ,Les énarques ou polytechnicien ne sont pas plus intelligents que les autres , c’est confondre éducation et l’intelligence ,surtout dans un pays idiots comme la France qui favorise l’éducation aux riches.

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  2. « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » amour souffrance, manque, intelligence, sensibilité, compassion, auto-compassion,hypersensibilité, Tout se confond avec intelligence. On devient BÊTE… Allez comprendre ce qui est incompréhensible quand on aime réellement.

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    1. Vous avez raison, je suis très bête. À la limite de l’idiotie et cest vraiment pas le jour de me chercher des poux dans la tête alors que j’ai pris des petites pilillues miracles pour oublier tout ce qui fait ma betise et me fait tant souffrir. À bon entendeur …

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  3. Je pense qu’il est surtout question d’une intelligence émotionnelle, voire de la hyper sensibilité.
    Il y a plein de gens très intelligents mais qui ne ressentent pas tout cela, voire les énarques ou les polytechniciens 😀

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    1. Je suis entièrement d’accord avec vous. Pour moi il s’agit surtout d’hypersensibilité, de gens dont on dit aussi que se sont des écorchés vifs. Ce nen est pas moins douloureux. La où intervient l’intelligence cest dans la conscience aiguëe des raisons de leur souffrance.

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      1. Exactement, Catherine, prendre conscience des raisons de sa souffrance est déjà le premier pas vers la guérison. Pour que la sensibilité reste mais ne soit plus un obstacle mais se transforme en compassion et l’auto-compassion

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  4. C’est clair, après avoir lu ce texte, je viens d’une autre planète. Je ne me mets pas en colère, (fondamentalement pacifiste) mais quand je me heurte à un mur je penserais plutôt à partir vers un monde meilleur. Et, quand je trouve une oreille attentive, j’ai tendance à trop m’épancher, ce qui lasse les bonnes volontés ( certain se reconnaitra 😉 ) et retour à la case départ. Ce n’est pas que je veuille mourir, non, non, c’est que je n’ai pas envie de vivre. C’est trop dur au milieu de ces gens qui me trouvent limite fada.

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