Le paradoxe de la Reine Rouge – courir pour garder la même place

Le paradoxe de la reine rouge

Dans le roman qui succède à Alice au pays des Merveilles, « De l’autre côté du miroir », Lewis Carrol décrit une conversation entre Alice et un personnage étrange, ‘la Reine Rouge’. Alice trouve bizarre le fait de courir sans avancer d’un centimètre :

« Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, (Alice et la Reine Rouge) se mirent à courir.
Ce qu’il y avait de plus curieux, c’est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place : elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien.
« Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ? » pensait la pauvre Alice, tout intriguée.(…)
– Mais voyons, s’exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n’avons pas bougé de sous cet arbre ! Tout est exactement comme c’était !
– Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?
– Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire.
On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit », dit la reine. « Si tu veux te déplacer, tu dois courir au moins deux fois plus vite ! »

Ce concept de ‘course sur place’ paraîtra familier à plus d’un : Il illustre l’état actuel de nombreux dirigeants qui se précipitent dans l’univers truffé d’embûches de l’économie et ne parviennent pas à atteindre l’objectif qu’ils s’étaient fixé.

Ces dirigeants qui ont le sentiment d’avoir perdu le contrôle de leur travail, de leur carrière et de leur vie. Ils courent à en perdre haleine juste pour rester sur place, mais sont incapables de progresser.

Notre vision du changement est linéaire : changer c’est se mettre en mouvement pour aller d’un point à un autre. Et l’on s’attend à changer pour mieux. Le changement doit être synonyme de progrès.

Le nom de cette théorie biologique de Leigh Van Valen est inspiré d’un épisode du livre de Lewis Carroll : De l’autre côté du miroir.

Ce paradoxe sert en partie à expliquer l’évolution et la sélection naturelle. On s’adapte pour survivre, pour rester à la même place.

J’aime beaucoup cette façon de penser au-delà même de l’aspect biologique. Dans la vie en général, il faut avancer pour ne pas reculer. Se battre pour ne pas revenir en arrière.

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