Le paradoxe de la mort

Le paradoxe de la mort

La plupart d’entre nous évitons de penser à la mort. Mais il nous arrive tous, de temps en temps, de nous faire rattraper par cette question.

Les événements de notre vie se chargent de nous la rappeler. La mort imprévue d’un être cher, un accident sérieux, une maladie grave ou une tragédie dans notre environnement viennent nous rappeler que nous pouvons mourir à tout moment, que notre vie pourrait être radicalement écourtée ou soudainement changée de façon imprévue.

Lorsque ces accidents de parcours nous forcent à considérer notre mort comme une réalité importante, il se produit un phénomène remarquable : nous devenons plus intensément vivants et plus sensibles à ce qui est le plus important dans notre vie.

Nos priorités changent alors pour donner plus d’importance à ce qui nous semble essentiel.

Nous jetons un regard plus critique sur les « priorités » auxquelles nous consacrons notre temps. Et nous décidons de nous occuper davantage de ce qui nous importe le plus : notre santé, notre famille, les satisfactions importantes pour notre bonheur, nos valeurs prédominantes, le plaisir que nous prenons à vivre.

Nous penserons alors : à vivre notre vie comme nous l’entendons et non la vie que les autres voulaient pour nous, à nous entourer par des personnes qui nous aiment et que nous aimons ; à ne plus nous acharner autant au boulot ;  à avoir le courage de nous arrêter à temps et à nous autoriser à être plus heureux et en bonne santé plutôt qu’ à se tuer à petit feu pour amasser un peu plus d’argent qui nous servira dans la plus part du temps qu’à nous soigner des différentes maladies causées par un stress continue et un train de vie infernal.

Puis le tourbillon de la vie reprend éventuellement le dessus et nous invite à oublier toutes ces pensées.

Nous recommençons alors à redonner la première place à des urgences superficielles et l’ordre de nos « priorités » éphémères se rétablit de lui même

Il s’agit d’un étrange paradoxe.

Lorsque nous parvenons à oublier que notre vie est limitée dans le temps, nous devenons moins vivants, alors que nous le devenons davantage lorsque nous sommes conscients de la mort qui nous attend.

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