Le bien a pour tombeau l’ingratitude humaine. « Alfred de Musset »

Il y a trois sortes d'ingrats
Vous est-il déjà arrivé d’avoir donné le meilleur de vous-même et de ne pas vous être senti reconnu ? Avez-vous déjà été confronté à une personne qui se plaint de manque de reconnaissance? Vous êtes le parent d’un enfant, peut-être déjà adulte, qui est particulièrement ingrat? Si oui, vous savez à quel point l’ingratitude peut faire mal!

L’ingratitude vous blesse?

L’ingratitude blesse en profondeur! Agir sans retour épuise. Cela laisse l’impression de ne pas exister aux yeux des autres, de ne pas avoir de place! Lorsque vous êtes confronté régulièrement à un ingrat, c’est comme si toute votre personne était niée. Comme si vous déambuliez dans un univers dans lequel vous n’avez aucun pouvoir!

Le besoin de reconnaissance, est-ce vraiment votre problème?

Si vous parlez autour de vous, ou même à certains psys, de votre frustration de ne pas être reconnu, on vous expliquera probablement que c’est vous qui avez un problème! C’est à vous de guérir de cette manie que vous avez de vouloir aider, donner, apporter du bonheur!

Dans certaines cultures l’altruisme est souvent considéré comme suspect! Les motivations de la générosité paraissent douteuses et sont connotées négativement. On nous parle de peur de l’abandon, de besoin de créer une dépendance et de prendre le pouvoir sur l’autre, de besoin d’être important pour l’autre pour compenser un manque de confiance en soi!

A en croire certains, pour ne plus souffrir de l’ingratitude, il vous suffirait de développer la confiance en vous, l’estime de vous, la connaissance de vos propres besoins et d’arrêter de vous occuper des autres! Ce serait à vous de vous interroger, avant de poser un acte. Est-ce bien pour moi que je le fais? Est-ce bien ce que je veux faire? Suis-je prêt à le faire de manière totalement désintéressée, sans retour?

C’est le discours que tiennent certains thérapeutes et journalistes qui voient dans l’altruisme une névrose à soigner. « C’est à chacun de prendre ses besoins en charge, occupez-vous des vôtres et n’attendez rien de personne ! ». « Ce que vous faites, faites-le pour vous ! Ne répondez qu’aux demandes clairement formulées ! »

Avec de telles croyances largement diffusées par la « psychologie de comptoir », mercis et signes de reconnaissance n’ont pas de raison d’être. Celui qui pose un acte le fait pour lui, parce qu’il le veut et que c’est son plaisir. Ce sont des marques de faiblesse ou pourquoi pas des restes d’une culture contraignante et dépassée !

La douleur face à l’ingratitude a-t-elle un sens?

La douleur ressentie face à l’ingratitude répétée est tellement forte que nous finissons par mettre nos limites ou par rompre la relation. L’ingrat est alors brutalement confronté à la réalité! Il se rend compte de ce qu’il avait et de ce qu’il a perdu. S’il le veut et s’il en est capable, il va comprendre que tout ne lui est pas dû. Et oui, sa liberté s’arrête là où commence celle des autres! C’est cela la vie humaine! S’il tire les leçons, il saura peut-être apprécier à leur juste valeur les cadeaux qui lui seront faits à l’avenir.

C’est avec ses parents d’abord que l’enfant va apprendre la gratitude… à condition que les parents ressentent la souffrance de l’ingratitude, l’acceptent et agissent en étant fidèles à leurs valeurs. Si pour être des parents parfaits, ils mordent sur leur chique et dépassent leurs limites, l’enfant deviendra un adulte incapable d’exprimer de la gratitude. Il fera souffrir tous ceux qui voudront lui apporter quelque chose.

Qu’arriverait-il si l’ingratitude ne blessait pas autant? On peut facilement imaginer que les enfants exploiteraient leur mère jusqu’à la fin de ses jours! On peut imaginer que les humains se diviseraient en deux espèces, les dominants et les dominés-esclaves, une catégorie d’hommes nés pour être servis et d’autres nés pour servir.

Notre besoin de gratitude est sain, respectons-le!

Les croyances sans fondement diffusées par la « psychologie de comptoir » ont culpabilisé les altruistes et les personnes qui recherchaient de la gratitude! Les « ingrats » ont eu le champ libre! Ils ont pu grandir sans être confronté aux limites de leur réalité humaine.

L’ingratitude a été banalisée, normalisée! Nous avons aujourd’hui beaucoup d’adultes-enfants incapables d’exprimer de la reconnaissance. Il est temps de revenir à des fondements plus humains si nous voulons retrouver un peu plus de chaleur humaine dans notre société. « Le bien a pour tombeau l’ingratitude humaine ». Alfred de Musset

Accepter notre condition humaine, c’est reconnaître que nous avons besoin d’un minimum de reconnaissance, d’un minimum de gratitude ! Il n’y a rien de mal à cela. Au contraire, ce besoin est sain et respectable, car il est garant de relations saines et équilibrées. Grâce à ce besoin, nous sommes capables de développer en nous la capacité de donner et d’aimer. Grâce à la souffrance ressentie lorsque nous manquons de retours positifs et constructifs, nous pouvons mettre rapidement des limites dans nos relations! Et comme nous l’avons vu, cela est bénéfique pour tout le monde.

Quelques pistes concrètes pour satisfaire notre besoin de gratitude!

Soyons attentifs et généreux. Développons notre capacité de donner et d’aider de manière respectueuse et « juste »… Pour cela :

– Choisissons bien les personnes à qui nous donnerons le meilleur de nous-mêmes. Elles doivent être capables de recevoir ce que nous leur offrons, capables de témoigner la gratitude dont nous avons besoin. Tout le monde n’en est pas capable!

– N’en faisons pas trop trop vite. Laissons aux autres le temps de recevoir, le temps d’apprécier… le temps de demander aussi.

Apprenons la gratitude aux enfants.

Extrait d’un texte de Marie-Berthe Ranwet
Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue.

2 thoughts on “Le bien a pour tombeau l’ingratitude humaine. « Alfred de Musset »

  1. C’est un beau et juste billet mais tout n’est pas à jeter dans cette « psychologie de comptoir » car il faut bien distinguer la générosité vraie, le don qui n’attend pas le retour, du besoin de reconnaissance, voire la posture du « sauveur ».
    Alors, les conseils de la fin sont bien utiles

    Aimé par 1 personne

  2. La générosité est une grande qualité dont jouit une minorité de gens. Ceux ci doivent savoir que de nos jours tout le monde est ingrat. La reconnaissance est de plus en plus rare. Il ne faut attendre de qui que ce soit une certaine gratitude. (Malheureusement)

    Aimé par 1 personne

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