L’intelligence n’est pas synonyme d’aptitude scolaire

Les intelligences multiples

Pendant longtemps, on a considéré l’intelligence comme une capacité mentale unique. On sait désormais que nous avons plusieurs formes d’intelligence, mais que chacun en développe davantage 3 ou 4. Le système scolaire, lui, sollicite surtout deux d’entre elles. Pourtant tous ces talents peuvent être bien précieux pour bâtir un projet professionnel.

C’est le psychologue américain Howard Gardner qui a identifié ces « intelligences multiples », en 1983. En observant l’activité mentale de personnes malades, Gardner repère que l’on peut avoir perdu certaines formes d’intelligence, tout en étant très performant sur d’autres plans. Il est frappé par exemple par la difficulté des personnes autistes à parler et à communiquer avec les autres, et leur aptitude à résoudre des calculs complexes.

Toute personne a donc huit formes d’intelligence à sa disposition, mais elle a tendance à en développer davantage trois ou quatre. Connaissez-vous les vôtres ?

Repérer les formes dominantes de son intelligence est doublement intéressant. Cela peut, d’abord, vous permettre de comprendre et de relativiser certains « échecs », notamment scolaires. L’école sollicite en effet surtout deux formes d’intelligence. Si vos talents sont plutôt ailleurs, vous risquez d’avoir été jugé « peu ou pas intelligent(e) ». Un jugement erroné qui peut vous conduire à manquer cruellement de confiance en vous.

D’autre part mieux connaître vos formes d’intelligence peut être très utile pour choisir une orientation ou un projet professionnel : on est forcément plus à l’aise et l’on réussit mieux dans une activité qui va solliciter en priorité vos meilleures aptitudes. Prêts pour la tournée des huit intelligences ?

L’intelligence verbale-linguistique

C’est la capacité d’utiliser les mots efficacement, oralement ou par écrit.
On la reconnaît chez une personne qui aime lire, raconter ou entendre des histoires, parle facilement, pratique les jeux de mots (mots croisés, scrabble…) ; de plus elle présente souvent une bonne mémoire des dates et des noms, parle beaucoup et se rappelle les histoires drôles.

Pistes pour la favoriser : lire, argumenter, faire des discours ou des présentations orales, des comptes-rendus, des jeux de mots…

L’intelligence logico-mathématique

C’est la capacité à calculer, quantifier, résoudre des problèmes mathématiques, émettre des hypothèses, être à l’aise avec l’abstrait, les symboles et les signes mathématiques.

C’est posséder une pensée déductive (un fait en entraîne un autre) et aimer les problèmes impliquant la logique. On la reconnaît chez une personne qui formule des opérations mathématiques, crée et joue aux jeux de stratégie, utilise les diagrammes ou les analogies pour expliquer, cherche les causes et les conséquences d’un fait, veut raisonner, savoir ce qui arrivera ensuite et pense en étapes et en séquences. Evidemment, il ou elle a une bonne capacité à résoudre des problèmes.

Pistes pour la favoriser : travailler sur ordinateur, résoudre des énigmes, déchiffrer des codes, s’informer sur les sciences, résoudre des problèmes et faire des calculs et des jeux de chiffres.

Le cursus scolaire classique fait appel principalement à ces deux premières formes d’intelligence : verbale et logico-mathématique.

Et il faut reconnaître que de nombreuses activités de la vie quotidienne ou professionnelle sollicitent aussi la logique et l’expression. C’est pourquoi quelles que soient vos formes dominantes d’intelligence, il peut être intéressant de chercher à les développer.

L’intelligence corporelle-kinesthésique

C’est la capacité à utiliser son corps pour communiquer, à manipuler des objets délicats et à réussir des mouvements très précis. Un footballeur professionnel a ce talent avec la maîtrise de ses jambes par exemple.

On reconnaît cette forme d’intelligence chez une personne qui utilise son corps pour vivre ses émotions, communique bien par gestes, est compétent en coordination, dextérité, flexibilité. Elle a besoin de bouger, de toucher, de prendre les choses et jouer avec. Ce pourrait être un athlète, un danseur, un chirurgien, un artiste…

Pistes pour la favoriser : s’étirer, faire des jeux de rôles, du théâtre, de l’exercice physique, bricoler, danser…

L’intelligence spatiale

C’est la capacité de penser en trois dimensions, de faire de l’imagerie mentale, de raisonner de façon spatiale, de manipuler des images graphiques et de voir des actions en images visuelles de façon mentale.

On la reconnaît chez des personnes qui perçoivent l’espace visuo-spatial, sont sensibles aux formes et aux couleurs, se situent dans l’espace, apprennent par l’image, les graphiques, les illustrations. Ce pourrait être un navigateur en mer, un pilote, un sculpteur, un peintre, un dessinateur…

Pistes pour la favoriser : l’art, la pratique des sports d’équipe, la réalisation de supports graphiques, montage de films, pratique de la planche à voile et sports de glisse, sculpture, danse, vélo, conduite auto, peinture…

L’intelligence musicale

C’est la capacité de discerner des rythmes, des timbres sonores, de percevoir des sons, de rendre des émotions en musique, écrire des partitions…
On la reconnaît chez des personnes qui jouent un instrument, écrivent des chansons, dirigent une pièce musicale, vivent des émotions en écoutant de la musique.

Pistes pour la favoriser : Garder le rythme, assister à des concerts, chanter, jouer d’un instrument…

L’intelligence des autres ou interpersonnelle

C’est la capacité de bien interagir avec les autres, de percevoir leurs humeurs, intentions, motivations et émotions, d’être sensible aux messages gestuels et être adaptable selon les contextes.

On la reconnaît chez une personne qui aime enseigner à une autre, entrer en relation d’aide, collaborer dans un travail, aider à résoudre des problèmes, diriger une équipe, faire de l’écoute active. Cette personne a un bon contact avec les gens, aime parler et influencer, est un organisateur, habile en résolution de conflits et a une bonne écoute, aime travailler en équipe et a besoin des autres pour apprendre. Ce serait par exemple un psychologue, un leader…

Pistes pour la favoriser : cultiver ses amitiés, mener des discussions, diriger des projets, conseiller des amis, s’engager dans des associations, chercher à comprendre les préoccupations des autres…

L’intelligence de la conscience de soi ou intrapersonnelle

C’est la capacité de bien se connaître, de comprendre ses émotions, de mettre des mots sur sa démarche personnelle. On la reconnaît chez une personne qui a une bonne connaissance d’elle-même (forces et faiblesses) et agit en conséquence, a de l’estime d’elle-même et de l’autodiscipline, partage avec les autres ses valeurs personnelles et mène à bien une tâche, a le sens de l’autocritique…

Pistes pour la favoriser : réfléchir avant d’agir, partir de ses propres objectifs et intérêts pour prendre une décision, écrire un journal, apprendre sur soi-même, méditer, se réserver des temps de solitude.

L’intelligence naturaliste

C’est la capacité d’être attentif au monde vivant, aux espèces animales, végétales, d’observer les espèces, de comprendre les écosystèmes… Le chasseur, l’indigène qui sait vivre en symbiose avec la nature, mais aussi le naturaliste, le photographe animalier ont cette forme d’intelligence.

C’est aussi une capacité à classer et à retenir en détail les caractéristiques de chaque élément, comme un botaniste qui connaît des centaines de noms de plantes ou de champignons.

Pistes pour la favoriser : vivre plus lentement, faire des promenades en solitaire, développer le sens de l’observation…

On peut s’appuyer sur ses formes d’intelligence dominantes, mais essayer aussi de progresser sur les autres. On peut ainsi avoir de bonnes aptitudes logico-mathématiques mais souhaiter développer son intelligence interpersonnelle pour avoir une vie sociale plus riche et plus épanouie.
Car la bonne nouvelle, c’est que nos aptitudes ne sont pas figées : on peut développer certaines formes d’intelligence au cours de la vie et des circonstances

Source : http://www.reussirmavie.net

Cerveau & Psycho N°68 – Mars-Avril 2015

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