Lettre ouverte d’un père à ses enfants

Mes chers enfants,

Je ne peux m’empêcher de penser à vous, le cœur serré, bien plus souvent que vous ne le pensez. Vous comptez à mes yeux bien plus que tout au monde.  J’ai essayé et j’essaie toujours de vous donner ce qu’il y a de mieux en moi. Des fois j’y arrive, des fois pas.

Ma génération n’a jamais su exprimer véritablement ses émotions, et maintenant, au crépuscule de ma vie je me rends compte que j’ai trop mis l’accent sur les facultés intellectuelles aux dépens des facultés émotionnelles et affectives; c’est pourquoi, j’ai si peu de communication avec vous. Et, j’essaie maintenant, tant bien que mal de ratrapper le temps perdu.

Mes chers enfants,

Je suis désormais là pour vous, pour vous soutenir, vous conseiller, vous faire profiter de mon expérience, mais c’est vous qui devrez faire votre chemin. Vous devrez faire votre vie vous-même.

C’est vous qui êtes responsable de vos propres rêves, et surtout de les réaliser. Personne d’autre ne peut réussir cela aussi bien que vous, et personne ne s’y intéressera autant que vous. Si vous voulez vraiment quelque chose dans la vie, vous devez aller le chercher vous-même.

Trop de vies ont été perdues à attendre en vain que quelqu’un vienne pour régler les problèmes plutôt que de le faire soi-même.

Vous ne devriez pas perdre ce temps précieux de votre vie pour des personnes, des emplois, ou des situations qui ne comptent pas, ou n’ajoutent rien à votre bonheur personnel. Aujourd’hui est un cadeau, c’est pourquoi il est appelé « le présent ».

Croyez-moi, je l’ai vécu avant vous :  lorsque vous avez vingt ans, vous êtes inquiet à propos de ce que tout le monde pense de vous; lorsque vous avez quarante ans, vous ne vous souciez plus de ce qu’on pense à vous; lorsque vous avez soixante ans, vous vous rendez compte que personne ne pensait à vous.

La dure leçon de tout ceci est qu’essayer de vivre pour le bonheur des autres n’est pas faire preuve de « responsabilité » ou de « devoir ».  Si leur bonheur exige votre sacrifice, ils ne vous aiment pas vraiment parce qu’ils exigent que vous payez le prix de leur satisfaction.

Ne soyez pas la réussite d’un autre. Cela aussi je l’ai compris trop tard, mais heureusement que je l’ai tout de même compris enfin à un moment donné, car cela a été la plus grande raison de mon bonheur quotidien depuis.

Cela signifie aussi que vous devrez trouver cette lumière qui illumine votre vie. Pour moi, c’est ma paix intérieure et le plaisir simple que j’ai de faire uniquement ce que je veux, quand je le veux, où je le veux, et surtout avec qui je le veux.

Le restant de ma vie sera toujours trop court que pour perdre mon temps à ce que je n’aime pas faire, avec des gens qui ne m’intéressent pas.

Ne soyez pas pris en otage par les attentes des autres et de votre famille (même moi). Les chaînes forgées par l’amour et l’affection peuvent faire encore plus mal que celles en fer et acier.

Autre chose à ce propos. On dit souvent «la vie est difficile ». C’est malheureusement parfois vrai. Mais rarement. Ce qui la rend véritablement et en permanence difficile, ce sont les gens difficiles. Ne perdez pas votre temps avec eux, ils vous entraineront dans leur délire déprimant. La vie est trop courte que pour perdre ne fût-ce qu’une seconde avec des personnes toxiques qui vous tirent vers le bas.

N’oubliez jamais dans vos relations personnelles ou dans vos affaires que les gens ne se rappelleront de vos nobles actions ou si vous aviez raison ou pas sur un sujet quelconque. Ils se rappelleront uniquement comment vous les avez traités. Ne faites pas comme moi, qui l’ai trop souvent négligé.

Ne croyez pas ceux qui vous disent qu’il n’y a rien à faire. Battez-vous sans relâche contre l’injustice, le racisme, l’ignorance, la bêtise et la médiocrité. Au pire, partez. Ce n’est pas fuir, c’est simplement les dégoutés comme vous qui s’en vont. Laissez les dégoutants nager dans leur médiocrité.

Ne partagez jamais les explications faciles du genre c’est la faute aux autres, au gouvernement, à la gauche, à la droite, etc. et d’autres mythes encore plus stupides.

Ne croyez pas aux recettes faciles données par certains pour régler les problèmes: les seuls qui en profitent, ce sont eux. Faites l’effort d’aller plus loin,  de chercher, de vérifier. Ne laissez pas les erreurs de jugement des autres influencer votre identité, votre estime de soi et votre futur.

Partagez  seulement votre bonheur et votre expérience avec votre famille, et tous ceux qui comme vous sont de bonne volonté.

Si vous ne croyez pas fondamentalement en votre propre valeur, comment pouvez-vous espérer des autres qu’ils aient foi en vous ou en vos idées?

Mes chers enfants

Nos parents ont dû faire des sacrifices énormes en restant unis pour toute la vie pour nous éduquer et nous garder, comme ils nous le répétaient souvent, « soudés comme les doigts de la main ». J’ai essayé vainement de faire la même chose pour vous. Mais les temps et les valeurs ont changé…

Si les circonstances de la vie font que vos parents se séparent et vous vous trouvez avec une blessure au cœur que vous traînez durant votre vie et qui va vous handicaper dans bien des circonstances. Vous vous apitoyer sur votre sort ?  Ce qui n’est guère la solution pour avancer dans la vie. Il faut rebondir et allez à l’avant, vous n’êtes pas les premiers et vous ne serez pas les derniers enfants issus de parents divorcés. Regardez  autour de vous et vous verrez des situations bien pires que la vôtre.

Mes chers enfants,

Malgré les bouleversements de la société qui vous dépassent, malgré le manque apparent de travail ou d’aide, malgré l’incompréhension du monde qui vous juge et qui vous condamne pour la moindre erreur, malgré le manque d’empathie  de votre entourage, malgré toutes ces choses qui vous font souffrir et regarder l’avenir avec morosité et crainte, gardez quand même l’espérance. Vous avez un cœur fait pour aimer et être aimé, c’est ça vôtre richesse et ça personne ne peut vous l’enlever ou vous la donner.

La société étant ce qu’elle est, le reflet des valeurs des êtres qui y vivent. Vous ne pouvez rien y faire sauf changer vous-mêmes, votre perception de la société. Et si les gens vivent dans l’égoïsme, la peur de l’avenir, la séparation, les possessions matérielles, la compétition, le jugement, le contrôle, le rejet, la peur du manque, c’est leur choix.

Mais si vous qui grandissez et êtes conscients de toutes les lacunes des générations passées, vous avez le choix de choisir d’autres valeurs telles que l’Amour, la compassion, l’écoute de soi et des autres, le pardon, l’estime de soi, le respect de la nature et de l’environnement, la Gratitude envers toutes choses, l’Amour du prochain… Et c’est dans cela que réside votre bonheur et votre avenir.

Pour que votre vie ait vraiment un sens, vivez autant que possible dans le temps présent. Et si tout va mal malgré tout ce que vous essayez de faire, demandez-vous : qu’ai-je à apprendre dans cette situation ? Il y a toujours une raison à votre échec ou à votre réussite. Votre cœur vous le dira.

Demandez conseil à vos parents ou à vos proches. Ils vous écouteront, vous aideront et vous soutiendrons.  Soyez en sûrs car vos grands parents leurs ont transmis les valeurs d’entraide, et de générosité et d’humanisme. C’est là où réside votre chance car ces nobles valeurs sont en voie de disparition dans une société de plus en plus matérialiste et inhumaine.

Tout ce que j’ai appris d’utile, je ne l’ai pas appris à l’université,  je l’ai appris en observant en écoutant et en agissant.

Cela dit, j’ai eu des professeurs incroyables. Ils ne sont pas toujours à l’école, cependant : ils sont partout. Ma mère, mon père, mes frères et sœurs, mes grands-parents, mes oncles et tantes, votre mère, vous-mêmes et surtout les échecs. Les professeurs sont partout, si vous avez envie d’apprendre.

Apprenez la compassion. Nous commençons la vie avec une perspective très égoïste, nous voulons ce que nous voulons. Mais la compassion consiste à réaliser que nous ne sommes pas plus important que n’importe qui d’autre, et que nous ne sommes pas le centre de l’univers. Quelqu’un vous embête ? Sortez un peu de votre coquille, et essayez de voir comment se passe sa journée. Comment pouvez-vous l’aider à être moins en colère, à moins souffrir ?

Ne cessez jamais d’apprendre. Si vous apprenez simplement une petite chose par jour, cela s’accumulera considérablement avec le temps.

Soyez à l’aise dans l’inconfort. Éviter l’inconfort est très humain, mais c’est une grosse erreur. Apprendre à être à l’aise avec l’inconfort changera votre vie.

Les choses qui vous stressent ne sont pas importantes. Ayez une vision plus large : est-ce que cela comptera dans cinq ans ? Il y a des chances que la réponse soit non. Si la réponse est oui, occupez-vous-en.

Savourez la vie. Pas seulement les plaisirs habituels, mais tout et tout le monde. L’étranger que vous rencontrez sur votre route. Le lever de soleil. Le calme matinal.  Les lumières du crépuscule. Le temps passé avec celle ou celui que vous aimez. Et même la solitude.

N’ayez pas peur de faire des erreurs. Elles sont parmi les meilleurs professeurs. À la place, apprenez à accepter les erreurs, apprenez à apprendre d’elles, et apprenez à en faire fi pour qu’elles n’affectent pas votre profonde confiance en qui vous êtes.

Vous n’avez pas besoin de quelqu’un pour vous rendre heureux ou vous valider. Vous n’avez pas besoin qu’un patron vous dise que vous êtes bon dans ce que vous faites. Vous n’avez pas besoin d’une personne qui vous dit que vous êtes adorable. Vous n’avez pas besoin de l’approbation de vos amis. Avoir des proches et des amis dans votre vie est génial, mais sachez avant tout qui vous êtes.

Apprenez à être bon dans le changement. Le changement est une constante dans la vie. Vous souffrirez en essayant de vous accrocher aux choses. Apprenez à lâcher prise, et apprenez à avoir un esprit ouvert. Ne restez pas coincé dans ce qui vous est confortable, ne vous fermez pas à ce qui est nouveau et inconfortable.

Ouvrez votre cœur. Aimez votre famille, vos amis, vos collègues, les étrangers, vos frères et sœurs de l’humanité. Aimez même ceux qui pensent être votre ennemi. Aimez les animaux que nous traitons comme de la nourriture et des objets. Et avant tout, aimez-vous…

Et sachez toujours, quoiqu’il arrive, je suis fier de vous et je serai toujours là pour vous soutenir.

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4 thoughts on “Lettre ouverte d’un père à ses enfants

  1. Merci Bechir pour ce très beau texte qui prend beaucoup de sens à l’heure actuelle et qu’on n’oublie trop souvent. Cela devrait être la base de toute éducation

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  2. je me suis permis de partager votre lettre ouverte (( Lettre ouverte d’un père à ses enfants )). parce que vous y avez écrit est en plein ce qui me concerne. .
    Je vous souhaite un beau printemps et une belle été.

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  3. Bonsoir Bechir, on doit pas compter sur les autres a nous de faire nos choix J’ai vraiment aimé ce texte tellement vrai

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