« Tout va très bien », une anesthésie qui nous fait plus de mal que du bien


Crédit photo : Le sommeil de la douleur et le rêve de la joie – Raffaelle Monti, 1861 ( Détail de la sculpture)

A certains moments de notre vie, le fait de répéter que « tout va très bien », sourire quand nous n’en avons pas envie et essayer d’être aimé par tout le monde et d’être parfait, serait désespérant et à la limite déprimant.

Même si nous n’allons pas vraiment bien et que nous n’avons aucune raison d’être toujours enthousiaste et joyeux; feindre ou essayer de se convaincre que « tout va très bien » est juste une anesthésie éphémère, et il est temps que nous nous en rendions compte.

Il y a des circonstances difficiles qui nécessitent des émotions négatives comme la tristesse ou la colère.

Le fait qu’elles soient négatives ne signifie pas qu’elles ne sont pas saines. Autrement dit, n’est-il pas normal de ressentir de la tristesse quand on vous a brisé le cœur ou quand un membre de votre famille tombe malade?

Il n’y a rien de plus douloureux que d’essayer de faire semblant d’être bien quand quelque chose nous fait mal à l’intérieur.

Cela finit par se retourner contre nous, car nous entrons dans une spirale qui nous absorbe et qui comprime notre âme.

Nos émotions finissent par s’éloigner de notre centre d’attention, et donc par être ridées et pleines de préjugés.

Nous ne nous rendons pas compte qu’elles sont en train de nous empoisonner, parce que non seulement nous « trompons » les autres, mais nous prétendons également être bien en nous regardant devant le miroir.

Pour cette raison, il est nécessaire que nous nous débarrassions de l’obligation d’être toujours parfaits et que nous commencions à nous montrer tels que nous sommes.

Même s’il est possible de tromper les autres, vous ne pouvez pas tromper votre conscience.

Faire semblant d’être ce que nous ne sommes pas, finit par nous causer un mal- être et même des maladies comme la dépression, l’anxiété, la fatigue, de la lenteur, du désespoir, de l’insomnie, une irritabilité …

Nous devons tâcher d’être authentiques et nous montrer tel que nous sommes en tout temps. De même, il est important que nous nous permettions de faire des erreurs et de ne pas avoir honte de notre passé.

Si nous affrontons tout cela, nous allons réussir à mieux prendre soin de nous et nous pourrons réinventer notre vie.

Une étude atteste que le slogan et l’attitude « Je vais très bien », prônés et défendus par un grand nombre, n’est en réalité qu’un camouflage, une façade pour faire bonne figure.

Cet apparat cacherait une souffrance. Dans le pire des cas, un problème plus profond, voire psychologique.

Afin de rétablir son bon fonctionnement et son équilibre psychique, la personne remanie la réalité, à la fois autour d’elle et en elle.

Un système de défense inconscient qui se traduit par une forme de déni de la réalité, pour le bien paraître, et un faux bien-être. Au regard du monde extérieur.

Une pièce de théâtre à ciel ouvert dans laquelle, il est l’acteur principal, celui que l’on admire, regarde. Qui excelle d’ailleurs dans toutes ses activités. Car toute son énergie est mise dans cette volonté de paraître attrayant, de briller. Malheureusement, il se retrouve isolé, naturellement, par leur entourage. Un entourage qui ne perçoit en lui la capacité de comprendre la souffrance.

«F est une jeune femme formidable : toujours souriante, positive, enthousiaste. Tellement joyeuse, toujours, qu’un étrange sentiment peut vous prendre à son contact: est-ce possible que tout aille si bien pour elle, ainsi, tout le temps ?

Pas si sûr !  Du coup, devant tant de bien-être affiché, on hésite  à lui demander si elle à besoin de nous, en cas d’un coup de blues,  et même à lui confier ses petits problèmes, à chercher consolation auprès d’elle. Et les relations avec F s’appauvrissent, deviennent moins vivantes…»

Non ! Lorsque ça ne va pas, il faut l’exprimer, le dire. Non pas d’entrer dans le vif du sujet de ses soucis, avec le premier venu, bien entendu.

Cependant, il est incontestable, la première étape serait de ne plus faire preuve d’hypocrisie envers soi-même.

La psy qui parle …

Par Bechir Houman

Retraité humaniste pacifiste

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