Comment atteindre l’excellence selon Robert Greene

Robert Greene est l’auteur « Power, les 48 lois de pouvoir » paru en 2009 qui lui avait valu une sulfureuse réputation de Machiavel des temps moderne. Ce best-seller s’est vendu  à plus de 2 millions d’exemplaires, et compte parmi ses lecteurs Barack Obama.

Dans « Power», Robert Greene voulait dévoiler les coulisses du pouvoir; avec son « Atteindre l’excellence » (Mastery, en version originale), il nous dévoile des stratégies et des astuces sur la façon de devenir un maître. D’après lui, des récurrences se retrouvent parmi toutes les personnes qui excellent, et ce, quel que soit le domaine investi.

Moins cynique, il s’est attaché à identifier les processus d’apprentissage de Leonard de Vinci , Mozart, Darwin, Henry Ford, Marcel Proust … et quelques autres.

Beaucoup de personnes croient que les travaux de grands maîtres comme Leonard de Vinci proviennent de leur talent naturel ou de leur génie inné.

Il n’en est rien. Aucun enfant ne peut résoudre des équations ou composer de la musique sans passer par un apprentissage.

Charles Darwin était un enfant ordinaire qui n’avait aucune prédisposition particulière. Son cousin, Francis Galton, avait un Q.I. supérieur et apparaissait comme un génie prodigieux.

Vous n’avez pas besoin d’un don particulier ou d’un Q.I. élevé pour aspirer à la maîtrise. Trouvez votre terrain ou un sujet qui vous attache l’esprit et suivez les étapes des grands maîtres qui vous ont précédés.

De la pratique, donc, beaucoup de pratique. Mais aussi de la chance, de l’humilité et un bon mentor ne seront pas superflus.

« Le processus conduisant à cette forme suprême de pouvoir qu’est « la maîtrise » se décompose en trois niveaux, explique-t-il. « Le premier est l’apprentissage, le deuxième est le créatif-actif et le troisième est la maîtrise ».

« Pour apprendre, il faut de l’humilité. On doit admettre qu’il existe dans chaque domaine des gens qui en savent plus que soi », explique Robert Greene.

SYNTHÈSE

Il n’y a pas de talent inné. Tout s’acquiert par le travail. Pour maîtriser un métier ou un art, il faut passer par un long apprentissage de 10 000 heures. Et parce qu’il faut y consacrer autant de temps, chaque personne doit trouver sa vocation, car si nous ne sommes pas complètement investis à notre tâche, nous abandonnerons en cours de route.

Trouver sa passion

Pour cela, il y a plusieurs stratégies.

  • Il faut revenir à notre enfance, ce qu’on aimait faire étant petit en dehors de tout ce que la société nous a dicté. Car la société et les parents nous écartent souvent de nos inclinations naturelles pour nous intégrer dans l’univers professionnel. On finit comptable… mais on vit avec un grand vide et un manque d’épanouissement personnel. Demandez-vous donc ce que vous aimiez faire étant petits.
  • La stratégie Darwinienne. Parfois, les ressources sont rares dans un domaine précis parce que la concurrence est forte. Il faut donc utiliser ce savoir et aller dans des niches, là où il y a moins de compétition et où on pourra prospérer.
  • La stratégie de la rébellion. Si dans sa vie on tombe sur une voie sans issue, c’est parce qu’on s’y est engagé pour de mauvaises raisons : argent, célébrité, etc. Tôt ou tard, on se rend compte que cette voie empruntée ne correspond pas à nos inclinations profondes et on n’y trouve donc pas l’épanouissement recherché. Il faut donc pouvoir se rebeller du dictat de la société pour suivre sa propre voie même si elle ne fait pas partie des canons de la « réussite ».
  • La stratégie de l’adaptation. Il faut être prêt à des changements de carrière. L’époque où on commence et termine sa carrière pour le même poste dans une même entreprise est révolue. Il vous revient de décider quelle direction doit prendre votre carrière. Et il est donc parfois nécessaire de quitter un employeur parce qu’une autre opportunité pourra vous faire davantage progresser dans votre maîtrise.
  • La stratégie du VA-TOUT. La vie est semée de divertissements qui vous écartent de votre maîtrise et de la réalisation de soi. Ces divertissements peuvent prendre plusieurs aspects, mais conduisent tous à vous disperser. Or, atteindre la maîtrise requiert un travail patient et durable. Informez ses connaissances de notre démarche, c’est se mettre dans la position de démontrer notre engagement, notre honneur est en jeu.

L’apprentissage

Quel que soit le domaine envisagé, il y a une phase d’apprentissage qui se découpe en trois étapes :   L’observation,  l’acquisition des connaissances et l’expérimentation.

• Parfois, il faut accepter de gagner moins pour apprendre plus. On peut être tenté par le gain d’argent rapide, mais certaines positions moins intéressantes peuvent nous apporter plus de savoirs qui seront in fine plus importantes pour la suite. La qualité de l’apprentissage doit être la valeur primordiale recherchée et pas le montant de son salaire.
Elargir son univers. L’idée est de s’exposer le plus possible à des points de vues différents pour s’ouvrir au maximum.
Faire preuve d’humilité, surtout lorsque l’on a l’impression de tout connaître d’un sujet.
Faire confiance au processus. A force de pratique, notre corps, notre psyché anticipe si bien que le système nerveux va jusqu’à intégrer ces nouvelles pratiques. Elles deviennent une partie de nous. Tout cela s’acquiert à force de pratique.
Aller au-delà de la résistance. Souvent, nos inclinations naturelles nous conduisent à répéter ce que nous avons appris ou à nous limiter à ce que nous savons faire de mieux. Or, il faut éviter de se ménager et pousser toujours plus loin nos limites.
Apprendre de ses erreurs. Les échecs permettent de mettre en évidence les imperfections de vos idées. Ils sont donc essentiels pour vous améliorer.
Les tâtonnements. Il s’agit d’acquérir autant de compétences possibles mais seulement dans les secteurs les plus intéressants. On ne suit pas un parcours type, mais on profite des connaissances de plusieurs discipline en faisant le pari qu’un jour, dans 15 ou 20 ans cela paiera. Seule la curiosité intellectuelle prévaut. Un cursus rigide mène à contrario vers un cul de sac à 40 ans, alors que l’apprentissage pluridisciplinaire étend les horizons.

La Dynamique du Mentor

C’est une partie moins passionnante de mon point de vue. Elle suggère que les mentors permettent d’acquérir plus rapidement un savoir, car le mentor bénéficie lui-même d’années de pratique. Il vous fera gagner un temps précieux en vous inculquant tout de suite les bons gestes ou les erreurs à éviter.

L’intelligence relationnelle

Partie très instructive qui met en relief l’influence de l’entourage. C’est l’idée qu’au travail notamment, tout le monde lutte pour sa propre survie et pas forcément pour faire avancer un projet. Pour éviter de tomber dans le piège des calculs, des manipulations ou des guéguerres internes, l’auteur attire notre attention sur différents phénomènes :

  • Le langage non verbal

Le corps transmet des signaux qu’il est difficile de cacher. Il vaut donc mieux s’attacher aux gestes que feront votre interlocuteur plutôt qu’à ce qu’il va vous dire. Indice à guetter: les comportements extrêmes, par exemple quelqu’un faisant preuve d’une amabilité extrême cache tout le contraire. Il faut aussi être vigilant des schémas répétitifs, par exemple des arrivées tardives, etc.

  •  Les sept profils types
  1. L’envie : il ne faut jamais paraître menaçant auprès des jaloux.
  2. Le conformisme : la culture d’entreprise peut être un frein, car toute idée innovante peut remettre en cause la culture dominante qui se fera un plaisir de saper votre idée pour conserver le statu quo.
  3. La rigidité : Face à une difficulté, on a tendance à suivre des procédures bien établies parce qu’elles nous rassurent. En proposant des idées radicalement nouvelles, on fera face à un conservatisme. C’est particulièrement le cas notamment en science, dès qu’une idée révolutionnaire a changé les perspectives, par exemple Galilée.
  4. L’obsession de soi : Pour obtenir un soutien, il faut que l’interlocuteur aie l’impression d’obtenir quelque chose qui lui soit utile.
  5. La veulerie : chacun est mû par ses sentiments, y compris au travail. Mieux vaut donc se fier aux actes qu’aux paroles. Ils sont généralement plus fiables.
  6. L’agression passive : C’est la peur de l’affrontement direct. C’est par exemple l’absence de réponse à un email, des arrivées tardives, un projet freiné…
  7. La paresse : certains récupéreront le fruit de votre travail pour se l’arroger. Gardez secrets vos idées pour ne pas vous les faire piquer.
  • Les stratégies 

– Faire parler son travail : impliquer des collègues dans son travail en sollicitant des avis, vous montrez que vous êtes à l’aise dans la dynamique du groupe. Les résultats inattaquables vous épargnent de la malveillance et des luttes de pouvoir.

– Se donner l’image qui convient : les gens auront tendance à vous évaluer selon votre apparence. En la modelant à dessein, vous pourrez influencer cette perception de sorte qu’elle vous serve dans vos projets, plutôt que l’inverse où ce sont les perceptions des autres qui vous influenceront.-

– Se créer un personnage est un élément clé de l’intelligence relationnelle, chacun porte un masque en public.

– Se voir à travers le regard des autres : ou comprendre comment nos comportements lors de faits passés ont aggravé ou favorisé une situation en cherchant les éléments répétitifs de notre personnalité.

Devenir un créatif-actif

Chapitre passionnant qui explique les mécanismes de la créativité. Robert Greene distingue l’esprit originel de l’esprit conventionnel.

Dans le premier nous sommes aux prises directes avec le monde, sans filtre, c’est notre état quand nous sommes encore enfant.

Dans le second en revanche, les expériences, les règles sociales, les enseignements de l’école ou des parents nous font voir le monde avec des ornières.

Les grands maîtres parviennent à conserver cet esprit originel tout en le combinant avec leurs compétences acquises lors de leur apprentissage. On parle alors de redimensionner son esprit : avoir une connaissance approfondie d’un domaine tout en ayant l’ouverture et la souplesse nécessaire pour utiliser ce savoir de manière innovante.

  • Première étape, la tâche créative. 

Facteur prépondérant de toute création: votre attachement sentimental à votre travail. Si vous faites quelque chose sans trop y croire, le résultat s’en fera sentir. Parce que vous allez nécessairement vous dépasser et ne saurez pas forcément ce que vous obtiendrez de votre travail. C’est l’esprit de l’explorateur: si vous ne quittez pas la côte, vous ne découvrirez rien.

  • Deuxième étape, les stratégies de création

La capacité négative. L’inconnu a tendance à susciter des réactions négatives. Il remet en question nos propres pratiques et il en découle parfois une attitude négative face à ces pratiques concurrentes. Les grands maîtres au contraire savent nier leur égo et s’inspirer de ces pratiques pour leurs prochaines créations. Humilité devant votre art et votre travail.

Sérendipité. C’est l’idée que notre cerveau est capable de faire des connexions entre des idées et des concepts très différents. En faisant ces associations, nous parvenons parfois à des innovations totalement imprévues qu’il serait probablement impossible à créer volontairement. Pour ce faire, il faut rester curieux et s’aménager des moments où l’esprit … se détend et n’est pas absorbé par sa tâche, par exemple lors d’une promenade, sous la douche, etc. Chaque idée devient un stimulus qu’il faut décortiquer, évaluer, et pour ne rien oublier, il est conseillé d’avoir un carnet pour les noter.

Changer de point de vue. Il s’agit de résister aux schémas de pensées préexistants et observer un phénomène sous différents points de vue.

– Revenir aux formes primales de l’intelligence
1- Le vocabulaire peut être bloquant car ce qui est nouveau ne possède pas de nom équivalent.
2- L’intelligence primale prend forme dans son cerveau sous forme d’idées, d’images de manière très claire là où un moment peut être compris de manière très diverse

  • Troisième étape, la percée créative

Il s’agit à la fois de lâcher prise, on se rend alors compte que notre cerveau continue à « processer »  nos idées même inconsciemment, mais aussi parfois de se mettre un deadline faisant passer notre cerveau à la vitesse supérieure.

Fusionner l’intuitif et le rationnel

A force de se consacrer à un domaine, on acquiert une telle connaissance qu’on en vient à comprendre tous les éléments et leurs imbrications les uns avec les autres. Les maîtres deviennent alors capables d’anticiper. L’auteur parle lui d’intuition.

Cette intuition guide souvent les grands maîtres à prendre à un moment de leur vie des directions: ils décident de tracer leur route en dehors des sentiers battus, ce qui suggère une certaine confiance en soi et une vision d’ensemble.

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